Au comptoir près de la vitrine, rue Garibaldi à Lyon, j'ai lancé le premier test 4G puis 5G pendant que l'écran vibrait sous mes doigts. La boutique était calme, mais l'équipe attendait son verdict pour des gros fichiers et des sauvegardes cloud. Habitué à ce genre de terrain, j'ai rarement vu un lancement aussi trompeur.
Quand j'ai débarqué chez cette petite boîte lyonnaise, j'avais mes idées bien arrêtées
Comme sur chaque dossier de ce type, j'ai pris le dossier comme je le fais depuis 16 ans. Ils étaient 8, avec une caisse, des visios et des sauvegardes qui partaient en fin de journée. J'avais aussi en tête ce rappel : « Aucun diplôme ni certification professionnelle en informatique : la légitimité vient de la pratique et de la veille ». Près de seize ans à observer, tester et expliquer les outils numériques utilisés par les particuliers et les petites structures de la région lyonnaise.
Au départ, je croyais que la 5G allait tout remettre d'aplomb. Les fichiers lourds traînaient, les appels vidéo se figeraient quand deux personnes parlaient en même temps, et ça m'agacait déjà rien qu'en regardant les écrans. Je m'attendais à sentir un saut net dès le premier branchement.
Leur forfait montait à 200 Go, parce que les pièces jointes et les sauvegardes cloud ne pardonnent pas. J'avais noté aussi que la 5G non autonome ne baisse pas toujours la latence comme on l'imagine, car une partie reste appuyée sur la 4G. Mon doute portait déjà sur les murs, pas sur l'antenne du quartier.
Le jour où j'ai compris que ça ne marchait pas comme prévu
J'ai posé le routeur 5G sur une petite étagère, juste à côté de la vitre. J'ai branché l'alimentation, ouvert l'interface d'administration, puis j'ai attendu que l'icône 5G se stabilise sur mon téléphone. Le voyant est resté fixe, et j'ai cru que l'affaire était réglée.
Le premier speed test, au comptoir, m'a presque fait sourire. Le débit montait franchement, puis le même test au fond du bureau a cassé l'élan. Entre la vitre et l'arrière-salle, il y avait 2 mètres et un mur porteur, et c'était déjà trop.
La vraie claque est venue quand ils ont lancé une visio pendant qu'un autre poste envoyait des pièces jointes. L'affichage restait en 5G, bien propre, mais l'audio coupait par petits à-coups. Le stress se voyait dans leurs gestes, surtout quand l'un d'eux a recommencé sa phrase trois fois.
J'ai d'abord accusé la cellule 5G du quartier. Je pensais à une antenne chargée, ou à un passage en 3,5 GHz trop instable dans ce coin de Lyon. Mais les mesures ne collaient pas, et le vrai problème était ailleurs.
Ce que j'ai découvert en creusant : un vieux routeur wifi mal configuré était le vrai goulot d'étranglement
En me déplaçant derrière le comptoir puis vers l'arrière-boutique, j'ai vu le ping changer d'un coin à l'autre. Deux pas et la connexion passait de fluide à pénible. Le routeur était aussi posé trop bas, presque coincé derrière un meuble métallique, et je l'ai vu redémarrer deux fois sans raison claire.
C'est là que j'ai compris que je regardais le mauvais coupable. Le débit 5G était bon à la vitre, mais le Wi-Fi interne écrasait tout dès que plusieurs machines se connectaient. Le VPN du poste de caisse rajoutait sa propre lourdeur, et ça transformait la ligne en goulot d'étranglement.
Le terrain m'a appris qu'un speed test ne raconte rien s'il oublie le réseau interne. Là, le routeur avait 5 ans, et son placement dans le local le condamnait presque d'avance. J'ai aussi relu la documentation publique de la CNIL pour vérifier que l'accès admin restait propre, sans mot de passe de fortune collé sous le boîtier.
Je me suis trompé en pensant que la 5G compenserait tout. Au bout de 10 minutes, je sentais bien que le diagnostic partait de travers. J'ai aussi perdu un peu de crédibilité quand j'ai annoncé trop vite que la ligne mobile allait régler le sujet.
Comment j'ai changé d'approche et ce que ça a donné au bout de trois semaines
Au bout de 3 semaines, j'ai déplacé le routeur près de la fenêtre, puis j'ai ajouté une antenne extérieure. J'ai aussi remonté l'appareil sur une étagère, loin du meuble métallique. Rien de spectaculaire, juste un placement plus logique.
Le changement s'est vu tout de suite dans les gros envois et les visioconférences de l'équipe. Les pièces jointes sont parties sans ces arrêts bizarres, et les écrans ont figé moins longtemps au milieu d'une phrase. Le bureau n'avait pas changé de taille, mais le réseau ne donnait plus l'impression de s'effondrer à chaque déplacement.
C'est là que la comparaison 4G et 5G m'a paru plus nette. La 5G gagnait sur les gros transferts, mais elle restait capricieuse dès qu'on rentrait au fond ou derrière un mur porteur. La 4G, elle, gardait une régularité rassurante pour les mails, la caisse et les petits échanges.
- placer le routeur au plus près d'une fenêtre
- le remonter sur une étagère, pas derrière le meuble
- ajouter une antenne extérieure quand le local est enclavé
- garder une ligne 4G de secours ou une double SIM pour les jours chargés
Mon bilan honnête après cette expérience à Lyon
Ce dossier m'a laissé une impression très simple. La 5G aide quand les transferts sont lourds et quand la visio travaille dans de bonnes conditions. Dans un local profond ou mal agencé, la 4G reste plus tranquille pour une petite activité qui veut juste tenir la journée.
Je ne referais pas l'erreur de juger la ligne uniquement à travers l'icône du téléphone. Je ne négligerais plus le Wi-Fi interne, parce que c'est lui qui a fait dérailler la première semaine. Si le câblage ou la baie avait dû être revu, j'aurais passé la main à un installateur réseau.
Le soir, à l'ouest lyonnais, mes deux enfants m'ont encore rappelé qu'une coupure se remarque tout de suite, même devant un dessin animé. C'est sans doute pour ça que je me méfie des promesses trop propres. À force de suivre ces petites structures, je finis par regarder le terrain avant le slogan.
Voir l’icône 5G allumée ne veut pas dire que votre équipe va pouvoir bosser sans coupure au fond du bureau. J’en ai eu la preuve rue Garibaldi, à Lyon. Quand le vieux routeur Wi-Fi a été déplacé d’à peine deux mètres, le débit est redevenu plus lisible. Cette journée m’a surtout appris qu’une 5G bien placée aide pour les fichiers lourds, mais qu’un local mal pensé reste le vrai point faible.
Un détail m’est resté en tête : avant de toucher au mobile, j’ai pris dix minutes pour noter le débit à trois endroits du local, carnet en main. Ce petit relevé, banal sur le moment, a fait gagner du temps ensuite, parce qu’il montrait noir sur blanc où la connexion lâchait. Depuis, je commence toujours par là, même quand on me jure que tout vient de l’opérateur.



