Installer un NAS à la maison pour mes photos a commencé par le souffle sec du Synology sur la table du salon. J’étais sûr de moi, alors j’ai lancé la copie sans préparer les dossiers. Je suis rentré du bureau avec l’idée que tout tiendrait dans la soirée, puis le premier message d’erreur m’a coupé net. Mes deux enfants passaient derrière moi, et le clic du disque m’a paru plus sec que prévu.
Quand j’ai décidé de me lancer, je pensais que le raid suffisait à tout protéger
J’ai appris à regarder les réglages qui coincent avant la fiche produit. À la maison, avec mes deux enfants, mes photos finissaient partout. Je voulais un endroit unique, pas un empilement de dossiers sur le téléphone, l’ordinateur et une vieille clé USB. Le soir, dans l’ouest lyonnais, je n’avais pas envie de perdre une heure à chaque copie.
J’ai choisi un NAS à 2 baies avec RAID 1 parce que j’avais lu partout que ça sécurisait les photos. J’avais en tête quelques centaines d’euros pour le boîtier, puis un second disque un peu plus tard. J’ai aussi regardé un modèle à un seul disque, puis je l’ai écarté, sans filet de sécurité ça me paraissait trop fragile.
L’installation m’a surpris tout de suite. Entre les comptes utilisateurs, les permissions, le partage réseau et l’application mobile Synology Photos, j’ai passé 3 heures avant de voir quelque chose de propre. En parallèle, je répondais à un mail de boulot et à une demande de cahier d’un des enfants, alors mon attention sautait d’un écran à l’autre. Le NAS bourdonnait doucement, puis le ventilateur accélérait par à-coup dès que je lançais un scan.
Le moment où j’ai regardé les faits
Un mardi de novembre vers 19h30, je me suis retrouvé devant un dossier de vacances que je voulais simplement renommer. Le geste a dérapé, et le dossier entier est parti à la corbeille. J’ai cru pouvoir revenir en arrière en quelques clics, puis j’ai vu que la suppression avait suivi partout, y compris dans la copie interne que j’avais prise pour une sauvegarde. Au bout de 12 minutes, je fixais déjà l’écran avec une gêne sèche dans la gorge.
J’ai été frappé par la vitesse à laquelle tout s’est aligné. Le RAID 1 ne protège que contre la panne d’un disque, pas contre une suppression, une mauvaise manipulation ou un fichier qui part dans le mauvais sens. Les deux disques contiennent la même chose, donc le NAS réplique aussi très bien mes erreurs. Cette nuance, je ne l’avais pas intégrée quand j’ai acheté le boîtier.
Je me suis mis à fouiller les forums, puis j’ai appelé un ami plus calme que moi. J’ai tenté la corbeille du système, les dossiers cachés et une ancienne copie sur le PC, sans résultat net. Plus je cliquais, plus je voyais que le problème venait de ma logique, pas du matériel. J’avais mis 1 heure à comprendre que le NAS avait fait exactement ce qu’on lui demandait.
Le silence pesant du NAS qui clignotait, les LED qui n’indiquaient rien de rassurant, et le bruit inhabituel du disque dur qui avait commencé à gratter quelques jours avant m’ont hanté toute la soirée. Je l’avais entendu ce petit bruit sec au réveil, puis les accès étaient devenus plus lents. Sur le moment, j’ai espéré que c’était juste une veille bizarre.
Ce que j’ai changé après cette catastrophe évitée de justesse
Le vrai déclic est venu quand une photo de 2018 est apparue instantanément dans l’application. J’ai retrouvé ce visage et ce décor sans ouvrir trois supports différents, et j’ai compris ce que je cherchais depuis le début. J’ai alors ajouté une vraie copie externe sur un disque USB de 4 téraoctets, débranché une fois la sauvegarde finie. Là, je me suis senti plus calme.
Ensuite, j’ai remis mes dossiers d’aplomb par année et par événement. La première copie complète a pris 3 nuits, parce que je ne voulais pas lancer ça en plein dîner. J’ai gardé le NAS pour le rangement du quotidien, puis le disque externe pour la copie froide, celle qu’on ne laisse pas branchée tout le temps. Ce geste simple a changé ma façon de regarder mes photos.
J’ai aussi bricolé la sauvegarde du téléphone, et là j’ai galéré. Le Wi-Fi du salon coupait par moments quand le téléphone passait en mode économie d’énergie, et l’application s’arrêtait sans prévenir. J’ai dû autoriser l’exécution en arrière-plan, puis vérifier les comptes et les droits sur le dossier photo. Après ça, les nouvelles images remontaient la nuit, sans que j’aie à lancer quoi que ce soit le matin.
Avec le recul, mon état des lieux, et ce que je tenterais
J’ai appris qu’un NAS ne raconte pas la même histoire selon la maison. Pour mes photos familiales, le RAID 1 seul ne me suffit pas. Le cloud me dépanne pour partager un album, et le disque portable reste pratique pour une copie ponctuelle. Je ne laisserais pas tout mon historique sur une seule machine, même si elle ronronne bien.
Je referais sans hésiter le choix d’un NAS à 2 baies. Je prendrais aussi le temps de régler les droits dès le début, même si ça m’a pris une bonne partie de la soirée. Je ne compterais plus jamais sur le RAID seul, et je ne laisserais plus la sauvegarde mobile dépendre d’un Wi-Fi capricieux. La première fois, j’avais sous-estimé ce détail.
J’ai passé plus de temps à comprendre pourquoi mes photos n’apparaissaient pas dans l’application mobile familiale qu’à installer le NAS lui-même. Le dossier était visible sur l’ordinateur, mais l’app du téléphone n’avait pas les mêmes droits, et les miniatures restaient grises tant que l’indexation n’avait pas fini son travail. Je me suis aussi fait piéger par un format de photo du téléphone qui apparaissait mal dans la vue principale. Une fois les permissions calées, la synchronisation a cessé de me faire perdre du temps.
Avec le recul, je garde le Synology pour ce qu’il fait bien, centraliser, partager, ranger. Pour quelqu’un qui accepte d’y passer une soirée entière, puis 3 nuits de copie, et qui ajoute une vraie sauvegarde externe, le système prend du sens. Sans ça, je l’aurais vécu comme une belle boîte qui me donnait une fausse paix.
Aujourd’hui, je ne regarde plus les LED du même œil. Si un disque gratte ou si l’indexation traîne, je sais que la machine travaille, pas que tout est sauvé. Quand mes photos apparaissent dans l’application familiale sans que j’aie à fouiller un câble, je me dis que la leçon m’a coûté du temps, mais pas le dossier entier. Le Synology a fini par trouver sa place, et à mes yeux c’est déjà beaucoup.



