Le VPN grand public protège-t-il vraiment, ou rassure-t-il seulement ?

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Le comptoir collait à mes avant-bras, et le bruit de la machine couvrait presque le clavier quand j’ai activé mon VPN au café de la gare Part-Dieu. Trois minutes plus tard, un mail de phishing m’a sauté dessus sur mon smartphone, et j’ai perdu l’accès à un compte que j’utilise tous les jours. J’ai été frappé par le décalage, parce que le petit cadenas me donnait l’impression d’être tranquille. Je te dirai plutôt dans quels cas ce filet de sécurité aide vraiment, et dans quels cas il ne change rien.

Au début, le VPN me donnait un vrai sentiment de sécurité sur les Wi-fi publics

Quand je suis parti travailler dans un café près de Bellecour, j’ai vite pris le réflexe d’activer le VPN avant même d’ouvrir ma messagerie. Le réseau public me mettait toujours un peu en travers, et ce simple tunnel chiffré me rassurait plus que le mot de passe du Wi-Fi affiché sur un tableau noir. J’ai appris à regarder le trajet de la donnée, pas juste l’icône verte. Là, je voyais surtout un trafic masqué entre mon téléphone et le serveur VPN, pas une protection magique.

En déplacement, j’ai aussi aimé garder le même accès à mes outils pro sans que l’IP étrangère me bloque la porte. Je me suis retrouvé à ouvrir mes boîtes mail, un espace client et un tableau partagé comme si j’étais resté à Lyon, et ce confort-là compte plus que les slogans. Quand j’ai payé 47 euros pour douze mois, je me suis dit que le prix restait raisonnable pour cet usage précis. Mais je gardais déjà en tête la baisse de débit et les petites coupures qui viennent avec.

Depuis que je rédige pour Iko Solutions, je regarde aussi le détail technique qui rassure ou qui trompe. Je compare le VPN sur trois contextes très concrets : café, 4G et Wi-Fi d’hôtel. Le VPN chiffre le trafic entre mon appareil et le serveur, masque mon IP locale, puis laisse quand même apparaître l’IP publique du serveur de sortie. C’est utile, mais pas invisible. Sur certaines visios, j’ai vu la latence monter de plusieurs dizaines de millisecondes, et l’image se figer une demi-seconde avant de repartir. En fibre, ça passe encore. En réunion chargée, ça me saoule vite.

Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas, c’est quand le phishing m’a touché malgré le VPN

J’ai ouvert le mail frauduleux sur mon smartphone alors que le VPN était bien lancé, et j’ai eu cette sensation de trahison sèche qu’on n’oublie pas. Le message imitait un service que j’utilise, avec un ton propre, une mise en page propre, et un bouton trop tentant. Je me suis retrouvé à cliquer trop vite, puis à voir la page me demander mes identifiants comme si de rien n’était. J’étais sûr de moi, et je me suis trompé en beauté.

Le point que j’ai fini par comprendre, c’est que le VPN chiffre le trajet, mais il ne trie pas les liens ni ne vérifie qu’un site est honnête. Il ne remplace ni un navigateur à jour ni le réflexe de regarder l’adresse avant de taper un mot de passe. Sur un mail piégé, le tunnel ne lit pas le contenu du piège. Il transporte juste la connexion jusqu’au faux site, bien proprement, et c’est là que je me suis fait avoir.

J’avais aussi deux mauvaises habitudes qui m’ont coûté cher. Je réutilisais encore un mot de passe sur deux services, et je n’avais pas activé la double authentification partout. Quand le compte a vacillé, j’ai vu à quel point le VPN ne servait à rien face à une session déjà compromise. Là, le vrai problème n’était plus le réseau. C’était ma façon de gérer mes accès.

J’ai eu un moment de doute franc, presque bête, où j’ai cru que le VPN ne servait à rien. Puis j’ai regardé les usages qui, eux, restaient solides : wifi public, accès depuis l’étranger, consultation rapide de services sensibles. Pour la partie compte compromis, je laisse le VPN de côté et je passe par le support du service, parce que le sujet n’est plus le tunnel. Cette limite-là, je l’ai acceptée après coup, pas avant.

Ce que j’ai réalisé sur les erreurs classiques qui minent la protection offerte par un VPN

Le piège le plus bête, chez moi comme chez d’autres, c’est de laisser le VPN actif en permanence sur mobile. Ma banque l’a mal pris plus d’une fois, avec un code de sécurité et une vérification supplémentaire qui cassent le rythme au pire moment. J’ai aussi vu le même souci avec des applis de paiement qui bloquent d’un coup. L’autre erreur, c’est de choisir un serveur trop loin juste pour se croire plus discret. Le débit s’écroule, et la visio commence à respirer de travers.

Je me suis retrouvé une fois avec le voyant de connexion toujours vert alors que, après une veille de vingt minutes, le trafic passait en clair. C’est le genre de détail qui m’a appris à ne plus faire confiance à l’icône seule. Le kill switch m’a servi de garde-fou dans ces cas-là, parce qu’il coupe tout quand le tunnel tombe. Sans ça, un changement de réseau entre la 4G et le wifi laisse une petite fenêtre sale que je n’aime pas du tout.

Le DNS mal réglé m’a aussi joué des tours. J’avais choisi un serveur en France, mais certains sites m’affichaient une version qui n’avait rien à voir avec ma localisation attendue, et je voyais des captchas en cascade après chaque recherche. Ce n’était pas le site qui devenait fou, c’était la résolution de noms qui partait de travers. Le détail que beaucoup ratent, c’est là. Le VPN protège un trajet, pas toute la mécanique autour.

J’ai aussi buté sur le portail captif d’un hôtel, parce que j’avais lancé le VPN trop tôt. La page d’accueil restait blanche, puis bouclait sans fin, comme si le wifi était cassé. En coupant le tunnel, la page d’authentification s’est ouverte d’un coup. Même chose sur un PC de télétravail : sans split tunneling, mon imprimante réseau ne répondait plus et j’ai perdu dix minutes à chercher une panne qui n’existait pas.

Selon moi, le vpn vaut le coup si tu es en déplacement ou en télétravail, mais pas si tu crois qu’il fait tout

Je le garde quand je bouge, et je le coupe quand je rentre. Pour un trajet de 12 minutes dans un café, une gare ou un hôtel, il reste utile, surtout si je dois envoyer des mails ou ouvrir un outil pro sur un réseau inconnu. Je pense aussi aux gens qui passent des frontières, même juste pour quelques jours, et qui veulent retrouver leurs services sans blocage d’IP. Dans ces cas-là, le VPN fait son boulot, pas plus, pas moins.

En revanche, si quelqu’un cherche une protection globale contre le phishing, les mots de passe recyclés ou une session déjà ouverte ailleurs, le VPN seul ne sert pas à grand-chose. Je l’ai appris en regardant mes propres erreurs, puis celles que je voyais chez des proches et dans mon travail redactionnel. Ce qui tient la route, c’est le trio mots de passe uniques, double authentification et vigilance sur les mails. Quand je suis rentré chez moi, j’ai arrêté de laisser le tunnel tourner pour tout et n’importe quoi.

Le soir où j’ai dû couper le VPN dans un Novotel près de Part-Dieu pour faire apparaître le portail captif, j’ai compris que le confort avait ses limites. Le service réseau a fini par passer, mais seulement quand j’ai accepté de revenir à une connexion normale le temps de l’authentification. Ce n’est pas un échec du VPN, c’est juste sa place réelle. Je garde le tunnel pour un besoin précis, puis je le ferme dès que la situation redevient simple.

À qui ça s’adresse, franchement

POUR QUI OUI : je le garde pour quelqu’un qui se balade avec un ordinateur portable, passe 2 ou 3 jours par semaine en mobilité, et se connecte à des wifi publics dans les gares, les cafés ou les hôtels. Je le vois aussi utile pour un indépendant qui bosse depuis plusieurs lieux, ou pour une personne qui part 15 jours à l’étranger et veut retrouver ses outils habituels sans blocage inutile. Dans ces profils-là, le VPN apporte un vrai confort, parce qu’il chiffre le trajet et calme les réflexes de défense des services en ligne.

POUR QUI NON : je l’écarte pour quelqu’un qui croit qu’un VPN empêche le phishing, protège des mots de passe réutilisés ou règle un compte compromis. Je l’écarte aussi pour un télétravailleur qui laisse tout tourner en permanence sur mobile, parce que la banque, les applis de paiement et le wifi d’hôtel lui renverront vite des blocages. Même chose pour celui qui choisit un serveur à l’autre bout du monde sans regarder le débit, puis s’étonne que les visios décrochent. Là, le VPN devient une gêne.

Mon verdict : oui pour quelqu’un qui accepte de couper le tunnel avant un portail captif, de choisir un serveur proche et de garder la main sur ses mots de passe. Non pour celui qui cherche un bouclier total, parce que le VPN ne fait pas ce travail-là. À Part-Dieu comme à la maison, j’y vois un outil ponctuel, utile quand je sais pourquoi je l’ouvre, et décevant dès que je lui demande de réparer le reste.

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Note de la rédaction
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