Remonter la connexion internet de mes parents un dimanche pluvieux

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La Livebox clignotait dans le salon, et la pluie martelait la baie vitrée sans pause. Je regardais les voyants s’éteindre puis revenir, pendant qu’une odeur légère de plastique chaud montait du meuble fermé. J’ai tout de suite pensé à un câble mal enclenché, ou à une box qui avait planté net.

Ce que je savais avant de me lancer et ce que j’espérais en arrivant chez mes parents

J’avais 30 euros de marge, pas plus, parce que je ne voulais pas transformer ce dimanche en chasse au matériel. J’ai appris à garder les pieds sur terre. Je suis arrivé avec une lampe, un câble Ethernet court et l’idée qu’un redémarrage propre suffirait.

Je suis parti du principe que j’aurais affaire à une panne banale. Une box figée, un câble un peu lâche, ou un appel à l’opérateur, rien de spectaculaire. J’ai été convaincu, pendant les premières minutes, que tout rentrerait dans l’ordre avant le goûter.

Mon travail, spécialisé dans la tech du quotidien et des petites entreprises, m’a aussi rendu méfiant sur les faux coupables. Je vois passer des cas où le Wi-Fi paraît vivant, mais où la connexion réelle est morte. J’avais déjà en tête les câbles débranchés, la box bloquée et la coupure côté réseau.

Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas et que la box redémarrait en boucle

Je me suis retrouvé assis par terre, près de la prise murale, à couper puis remettre l’alimentation trois fois. Les voyants clignotaient longtemps, puis l’accès Internet disparaissait même quand le Wi-Fi restait affiché sur les téléphones. Au bout de 30 minutes, j’avais la sensation de tourner en rond dans le même problème.

J’ai branché mon ordinateur directement en Ethernet, sans répéteur ni CPL, pour voir si la ligne tenait. Le petit clic du connecteur RJ45 m’a rassuré une seconde, puis j’ai surveillé le voyant PON, vert fixe, pendant que le voyant Internet restait éteint. Quand le LOS s’est allumé en rouge par moments, j’ai compris que je ne regardais pas une simple lenteur.

Je me suis trompé deux fois de suite. D’abord, j’ai redémarré les appareils de mes parents sans toucher à la box, et ils ont retrouvé le réseau local avant de reperdre l’accès en ouvrant une page. Ensuite, j’ai confondu le mot de passe Wi-Fi avec celui d’administration, ce qui m’a bloqué face à l’interface.

J’ai aussi tenté un branchement derrière une multiprise qui avait déjà vécu. Mauvaise idée. Les micro-coupures revenaient dès que je touchais au câble d’alimentation, comme si la box hésitait à rester debout. Je me suis senti bête, parce que le symptôme faisait croire à une panne de ligne.

Après trente minutes à voir la box redémarrer sans cesse, j’ai senti mon impatience monter en flèche, jusqu’à ce que l’odeur légère de plastique brûlé m’alerte enfin sur le bloc d’alimentation défaillant. Le boîtier était tiède sur le dessus, juste assez pour que je retire la main aussitôt. J’ai compris qu’un détail discret pouvait faire tomber toute la chaîne.

Ce que j’ai fait quand j’ai compris le vrai problème et ce que ça a changé

J’ai fini par isoler l’alimentation en débranchant le bloc fatigué et en le remplaçant par un autre, juste pour tester. La différence est apparue presque aussitôt, parce que la box a cessé de repartir en boucle. Je n’ai pas eu besoin de parler longtemps au support pour voir que le problème venait bien de là.

Ensuite, j’ai repris l’ordre propre: courant, boîtier fibre, puis box. J’ai attendu une minute complète entre deux gestes, comme je l’avais noté à la va-vite sur un papier posé près du clavier. Quand j’ai reclipé le connecteur fibre avec ce petit clic net, le voyant PON est repassé fixe après quelques minutes.

J’ai relancé un test en Ethernet avant de toucher au Wi-Fi. La page s’est ouverte d’un coup, sans ce chargement bancal qui me rendait fou depuis le début. Les barres de réseau étaient enfin cohérentes avec ce que je voyais sur l’écran, et les appels WhatsApp ne coupaient plus par saccades.

L’ambiance a changé d’un coup dans le salon. Mes deux enfants ont arrêté de demander quand l’image allait revenir, parce que la TV a cessé de bufferiser au milieu des dessins animés. Je suis resté un moment devant la box, presque surpris qu’un simple bloc secteur ait pu me voler autant de temps.

Ce que je sais maintenant que j’ignorais au départ et mon bilan personnel

J’ai appris qu’un bloc d’alimentation fatigué peut ressembler à une panne opérateur pendant des heures. Quand il chauffe dans un meuble fermé, la box redémarre, puis retombe, et le piège devient très convaincant. Sur ce genre de boîtier, le voyant vert ne raconte qu’une partie de l’histoire.

Avec le recul, j’aurais gagné du temps en étiquetant les câbles tout de suite, en notant le mot de passe Wi-Fi sur une feuille, et en photographiant l’arrière de la box. J’aurais aussi évité de changer des réglages réseau au hasard sur les appareils, parce que j’ai déjà vu une imprimante disparaître pour trois jours après ce genre de bricolage. Mon réflexe, maintenant, c’est de suivre un ordre fixe, sans improviser.

Je n’aurais jamais cru qu’une odeur à peine perceptible serait la clé pour sortir de ce cercle infernal de redémarrages sans fin. Au bout d’une heure de vérifications calmes, j’ai surtout gagné du temps et évité un appel inutile au support. Si la box recommence à chauffer ou si le voyant LOS rouge revient, je laisse l’opérateur reprendre la main, parce que là, je sors de mon terrain.

Avant de repartir, j’ai noté deux ou trois réflexes sur un bout de papier scotché derrière la box : la redémarrer dans le bon ordre, ne pas empiler les multiprises derrière le meuble, et m’appeler avant de racheter quoi que ce soit. J’ai aussi étiqueté les câbles avec un feutre, une lettre par prise, pour que personne ne débranche la fibre en croyant couper la lampe. Depuis, la ligne tient, le téléphone sonne beaucoup moins pour des pannes qui n’en étaient pas vraiment, et mes parents savent quoi vérifier avant de s’inquiéter.

Le dimanche s’est terminé plus calmement que je ne l’aurais parié au début. Dans la cuisine, mes parents ont fini leur café pendant que la Livebox tenait enfin sa ligne, sans vaciller. Moi, j’ai rangé le bloc secteur douteux dans un sac, avec la nette impression qu’il venait de gagner sa retraite.

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Note de la rédaction
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