Dans mon bureau de l’ouest lyonnais, près de la rue Garibaldi, j’ai glissé le routeur 5G de quelques mètres, d’un mur épais vers la baie vitrée. Le débit a triplé sans changer d’abonnement ni de boîtier. J’ai été frappé par l’écart, parce que le signal semblait déjà bon derrière le mur. Je suis parti de l’idée qu’une 5G rapide pouvait faire l’affaire pour un petit bureau. Puis j’ai vu le piège. Je te dirai simplement dans quels cas la fibre s’impose, et dans quels cas la 5G reste un dépannage.
Le jour où j’ai compris que la 5G ne tient pas à l’intérieur comme on le croit
Le bureau fait 11 m². J’ai un mur porteur côté couloir et une seule fenêtre côté jardin. Au départ, j’ai posé le routeur 5G sur une étagère basse, derrière le mur, parce que c’était le coin le plus discret. Je me suis retrouvé avec une connexion correcte pour les mails, pas pour une journée chargée. La 5G m’a servi comme dépannage, le temps que la fibre arrive, et j’ai vu le même schéma dans un local provisoire. J’ai appris à ne pas confondre mise en route rapide et vraie tenue dans le temps.
Le premier speedtest affichait un chiffre propre à 19 h 12, puis le soufflé retombait quand je lançais une visio. La page chargeait, oui, mais la voix accrochait. J’ai vu du ping qui montait, puis ce petit délai sale qui fait parler les gens les uns sur les autres. Le soir, quand mes deux enfants regardaient une vidéo dans la pièce d’à côté, la connexion me paraissait encore plus nerveuse. Ce n’était pas la vitesse brute le vrai problème, c’était le jitter. Une fois sur deux, l’image tenait, la voix non.
J’ai déplacé le boîtier sur le rebord de la baie vitrée, à 3 mètres du premier emplacement. Le changement a été immédiat. déplacer le routeur de quelques mètres a fait passer mon débit 5G de 50 à 150 Mbps sans rien toucher d’autre. J’ai été convaincu sur le coup, puis j’ai compris que la pièce comptait presque autant que l’abonnement. Le signal affichait 4 barres dans les deux cas. Ce qui changeait, c’était la qualité radio réelle, pas l’icône.
Ce que j’ai fini par comprendre, c’est que la 5G maison se joue dans les détails bêtes. Un mur porteur, une cloison en brique, une fenêtre orientée du mauvais côté, et le débit part en vrille. J’ai aussi vu une différence nette entre une pièce dégagée et un coin coincé derrière une bibliothèque métallique. Les barres rassurent, mais elles racontent mal la réalité. Pour moi, la 5G tient bien quand le routeur peut respirer près d’une ouverture. Sinon, elle devient capricieuse dès que plusieurs appareils se réveillent en même temps.
Ce que la fibre m’a apporté quand j’ai sauté le pas
Quand la fibre a enfin été proposée, je me suis retrouvé à jongler avec un rendez-vous technique repoussé deux fois et un budget qui n’aimait pas les extras. J’avais pourtant un besoin simple : une ligne stable pour travailler, envoyer des pièces lourdes et tenir les visios sans stress. La fibre m’a paru moins spectaculaire que la 5G, mais beaucoup plus tranquille. J’ai choisi la fibre comme solution stable pour un petit bureau, et c’est exactement ce que je cherchais.
Le jour de l’installation, le technicien a trouvé une prise mal soudée. La jarretière avait aussi pris un pli trop serré dans le boîtier. J’ai perdu une demi-journée à attendre qu’il reprenne le raccordement, et j’ai appris à mes dépens qu’une fibre peut sembler prête alors qu’elle ne l’est pas tout à fait. Je ne suis pas allé bidouiller ça moi-même. Sur ce point, je laisse faire quelqu’un d’équipé, sinon je transforme un petit défaut en panne qui dure. Je suis rentré le soir avec la sensation d’avoir acheté du calme, mais pas encore de la sérénité.
Une fois la ligne stabilisée, j’ai senti la différence dans les gestes de tous les jours. Les gros dossiers partaient pendant que je répondais à un mail, sans que tout se fige. Le ping était plus bas et plus régulier que sur la 5G, et je voyais moins ces micro-coupures qui cassent une visio. J’ai envoyé un dossier de 1,8 Go sans surveiller la barre réseau toutes les vingt secondes. Même le VPN restait propre. Là, la fibre fait ce que j’attends d’une ligne de bureau : elle reste à sa place.
Au début, une coupure bizarre est apparue quand j’ai déplacé une multiprise. J’ai d’abord cru à la box, puis j’ai revu la jarretière et le boîtier. Le raccordement avait encore bougé derrière le meuble, et la ligne a cessé de décrocher après correction. J’ai été frappé par ce détail, parce que tout semblait normal à l’écran. La fibre pardonne moins les mauvais gestes, mais une fois le point faible traité, elle tient la journée sans me retenir le bras.
Si tu es comme moi ou pas, ce que je te dirais franchement
Je garde la 5G pour un bureau temporaire, un local loué pour 8 semaines, ou un poste unique avec un usage léger. J’ai sous-estimé l’upload au début, et c’est lui qui m’a rappelé à l’ordre quand j’ai voulu envoyer un dossier lourd pendant une visio. Quand j’accepte de bouger le routeur près d’une fenêtre et de vivre avec du débit qui bouge, la 5G fait le travail. C’est un bon dépannage, pas une base solide.
- J’ai gardé la fibre en principal et la 5G en secours avec un routeur double WAN.
- J’ai regardé l’antenne extérieure, mais je n’ai pas voulu basculer vers un montage plus lourd.
- J’ai aussi essayé de déplacer le routeur selon la pièce, puis j’ai compris que je courais après le débit.
Pour un bureau de 3 postes, des visios régulières et un VPN toute la journée, la fibre passe devant. Le ping plus régulier change la sensation au quotidien, et c’est là que j’ai vu la différence entre un débit séduisant et une ligne reposante. Même une sauvegarde de nuit ou un envoi de dossier lourd me prend moins de place dans la tête. La stabilité ne fait pas de bruit, mais je la sens tout de suite.
Je déconseille la 5G seule dès qu’il y a un mur épais, pas de fenêtre près du bureau, ou un besoin d’accès distant. Le CG-NAT m’a bloqué l’ouverture simple de ports, et j’ai dû renoncer à un accès direct vers un petit NAS Synology. Là, le réseau peut afficher 5 barres et rester mauvais pour un usage pro. C’est frustrant, mais c’est le vrai visage du sujet. Si tu acceptes de dépendre d’une fenêtre et d’un débit qui bouge, elle dépanne. Sinon, je passe mon tour.
Mon avis tranché, et ses limites
Le bon profil : je prends la fibre pour un petit bureau fixe avec 2 ou 3 postes, des visios chaque matin, et des fichiers lourds à envoyer. Je garde aussi la 5G pour un indépendant seul, un local provisoire pendant 8 semaines, ou une activité qui démarre vite et accepte de déplacer le routeur près d’une fenêtre. J’ai appris qu’un chiffre flatteur ne remplace pas une ligne calme.
Le mauvais profil : je déconseille la 5G seule à une équipe de 4 personnes, à un bureau qui pousse des sauvegardes cloud tous les jours, ou à quelqu’un qui veut ouvrir des ports pour un NAS, une caméra ou un accès distant. Je la mets aussi de côté quand le routeur reste à 3 mètres de la fenêtre et que le débit tombe dès que la salle se remplit. Là, même 4 barres ne changent rien au fond. J’ai déjà vu ce piège trop de fois pour m’y refaire.
Mon verdict : à Lyon, pour un petit bureau fixe, je choisis la fibre et je garde la 5G en secours sur un routeur double WAN. La fibre me donne une connexion stable et un upload suffisant pour travailler sans y penser, tandis que la 5G me sert surtout quand je veux aller vite et que j’accepte de bouger le routeur, de vivre avec le CG-NAT et de tolérer des écarts de débit. Pour quelqu’un qui accepte de dépendre d’une fenêtre et d’un lien moins régulier, la 5G peut dépanner. Pour un bureau qui doit tourner tous les jours, je n’hésite pas : je prends la fibre.



